L'histoire de Ko Phi Phi
- Ko Phi Phi Don était une île touristique ; Malmont, au sud-ouest, un laboratoire de confinement de l'armée.
- Le 14ᵉ jour, le réacteur de secours a fondu : un cratère, une zone contaminée, et l'unité B, que garde le Liquidateur.
- La Capsule, le Passe, les parcelles et Corbeau : ce que la zone impose à ceux qui restent.
Personne ne te la racontera en jeu : les PNJ savent, mais ils ont mieux à faire. Voici ce que l'Abri 07 a reconstitué, fragment par fragment.
Une île ordinaire
Ko Phi Phi Don, c'était une île de cartes postales : un village entre deux baies, des bungalows sur chaque plage, des pêcheurs à la pointe nord, une base militaire qu'on ne remarquait plus sur les hauteurs, un aérodrome pour les avions-taxis. Et, tout au sud-ouest, au bout d'une route que les touristes ne prenaient pas, un institut d'agronomie dont personne n'avait jamais vu un agronome.
Malmont retraitait ce que l'État ne voulait pas voir. Quand l'épidémie a commencé, l'armée y a installé en catastrophe un laboratoire de confinement pour travailler sur les corps. Ils avaient trois semaines d'avance sur tout le monde. Ils n'ont pas eu la quatrième.
Quarante jours
- Jour 0Les premiers cas à Ton Sai. L'hôpital de Phi Phi ferme ses urgences en quarante-huit heures. On parle d'une fièvre tropicale. Personne ne dit encore que les morts se relèvent.
- Jour 6L'armée boucle la route de crête et l'embarcadère de Ton Sai. La base militaire, sur les hauteurs de l'est, devient le poste de commandement de toute l'île. Les premiers convois d'évacuation partent vers les plages du nord.
- Jour 11Le vol 417, dernier avion à décoller de l'aérodrome, s'écrase à la pointe nord, contre l'école de Laem Thong. On ne saura jamais ce qu'il transportait. Sa boîte noire, elle, existe encore.
- Jour 14Le réacteur de secours du bâtiment B, à Malmont, fond. Le souffle rase la moitié du complexe et le village avec. L'évacuation dure onze heures, puis s'arrête net. Les barrières ont été posées de l'intérieur.
- Jour 21Ton Sai tombe. Le dernier bateau quitte l'embarcadère à demi vide. Laem Thong tient grâce à ses pêcheurs ; Loh Bakao est abandonné en une nuit.
- Jour 40L'Abri 07 — un abri de la protection civile oublié sous une colline, au centre de l'île — ouvre sa porte à ceux qui frappent. Il n'a jamais refermé depuis. C'est là que tu arrives.
- Mois 3Les survivants organisent dix camps de trade le long des côtes, à la sortie des villages morts, et cinq comptoirs à l'écart pour ce qui ne se vend pas au grand jour : les Relais nord et sud, et les marchés noirs du Plateau, des Hauteurs et des Cendres. La Capsule devient la monnaie. Les marchands prennent des noms.
- Aujourd'huiUne aile logistique inconnue, indicatif Corbeau, largue un colis par parachute toutes les 22 à 50 minutes. Personne ne sait d'où. Personne ne pose la question.
Malmont — ce que le souffle n'a pas emporté
Le 14, le réacteur de secours du bâtiment B a fondu. Personne ne sait si c'est un accident, ou si quelqu'un a appuyé sur le bouton pour empêcher ce qui était en bas de sortir. Le souffle a rasé la moitié du complexe et le village de Malmont, à trois cents mètres. L'évacuation a duré onze heures : on voit encore où elle s'est arrêtée. Les tentes de décontamination sont montées, vides. Les camions sont en file, portières ouvertes. Les barrières ont été posées de l'intérieur.
Aujourd'hui la zone est un cratère de soixante mètres au milieu d'un site industriel éventré, cerclé de panneaux qui ne mentent pas : sans tenue NBC complète, on y tombe en moins de quatre minutes. Le butin y est le plus dense de toute l'île, et le plus lent à revenir. Le laboratoire, lui, n'a jamais été vidé.
L'unité A a sauté ; l'unité B, à côté, n'a jamais été arrêtée pour de bon. L'armée y a envoyé un liquidateur pour la refroidir. Il n'est jamais ressorti — ce qui porte encore sa combinaison garde le cœur, et la seule carte qui ouvre la salle B-0, sous le réacteur. Il dort tant que personne ne relance la machine. Le levier est toujours là, dans la salle de commande.
La carte, aujourd'hui
L'abri de la protection civile devenu la porte d'entrée de l'île, sous une colline au centre. Sas, garde, infirmerie, cantine, armurerie de poche. Aucun monstre n'y entre, aucun coup n'y part.
Le village principal, entre ses deux baies : l'embarcadère, la mosquée Al-Islah, le poste de police, l'école Prarajchataan. C'est là que tout a commencé. Le Chirurgien opère encore à l'hôpital de Phi Phi, dit-on, dans un service qui n'a plus de patients vivants.
La pointe nord et ses pêcheurs. Le camp de Laem Thong s'est installé au-dessus de la plage, une place du marché comme les neuf autres. L'école, elle, a reçu un avion — et son Passager.
La côte est, ses bungalows et sa crique, abandonnés en une nuit. Le camp de Loh Bakao vit dans ce qui reste, en bâtissant ; le Camp de l'Abri, à côté du spawn, est le plus proche.
Le sud-est et ses longues plages. Le camp de Hin Khom tient sa place du marché entre les deux plages. Laem Pho, au bout, prépare la mousson.
Sur les hauteurs de l'est, la base militaire et sa piste. Ce que l'armée a laissé, des déserteurs l'ont revendu aux armuriers des camps — sans jamais dire d'où ça venait.
À l'écart de tout : le Relais nord, sur la côte ouest au-dessus de la baie de Nui, le Relais sud, à Lang Long, sous Malmont, et les trois marchés noirs du Plateau, des Hauteurs et des Cendres. On n'y va que si l'on a de quoi payer.
Tout au sud-ouest, dans le grand lobe désert. Officiellement un institut d'agronomie. En réalité un site de retraitement, puis un laboratoire de confinement monté à la hâte par l'armée. Le laboratoire n'a jamais été vidé. Ce qui en est sorti garde la salle du réacteur.
Ce que la zone impose
La Capsule. Les premiers jours, on échangeait des capsules de bouteille. Quand l'Abri a mis la main sur un coffre d'émeraudes taillées, elles ont pris le nom. Une Capsule vaut ce qu'un marchand en donne : tout se vend, tout s'achète, et ce qu'on trouve se transforme à l'Établi SKY Z.
Le Passe du Survivant. Le registre de l'Abri : chaque mort-vivant abattu compte, chaque palier ouvre un droit — une arme, une tenue, un kit. C'est la seule administration qui fonctionne encore.
Les parcelles et les bunkers. Une parcelle par survivant ou par groupe, et le bunker qui se creuse dessous se défend mieux à plusieurs. Ceux d'en face ont de la C4, et trente minutes pour vider votre cave.
Corbeau. Toutes les 22 à 50 minutes, un colis tombe du ciel avec une escorte de morts-vivants autour. Nul ne sait qui pilote. La consigne de l'Abri est simple : on y va, on prend, on revient. Ou pas.
